23.3.2020, 17:08

Les modèles G-TEC de ŠKODA «apportent une contribution supplémentaire essentielle à la réduction des émissions de CO2»

  • Entretien avec Philip Paul, expert GNC et chef Marketing produits SUV chez ŠKODA, sur les avantages et les spécificités techniques de la propulsion au gaz naturel (GNC)
  • ŠKODA propose actuellement des versions G-TEC de la SCALA et du KAMIQ; la nouvelle OCTAVIA avec propulsion au gaz naturel sera disponible au second semestre 2020

Mladá Boleslav / Cham, le 24 mars 2020 – Avec ses versions G-TEC de la nouvelle OCTAVIA, de la SCALA et du KAMIQ, ŠKODA propose désormais trois modèles propulsés au gaz naturel (GNC) à la fois performant et écologique. Sur les véhicules au gaz naturel, on enregistre des émissions d'oxydes d'azote (NOx) quasi nulles et, par rapport aux moteurs à combustion conventionnels, des réductions de CO2 d'environ 25%, voire bien plus. Dans cet entretien, Philip Paul, expert GNC et chef Marketing produits SUV chez ŠKODA, revient sur les avantages et les spécificités techniques de la propulsion au gaz naturel.

Quel rôle le gaz naturel (GNC) va-t-il jouer dans le mélange d'énergies utilisé pour la propulsion chez ŠKODA ces prochaines années?

Philip Paul: Bien que la mobilité électrique s'annonce comme la technologie de pointe incontournable dans les années à venir, la technologie GNC apporte une contribution supplémentaire essentielle à la réduction des émissions de CO2. Elle est plus propre que les moteurs à combustion conventionnels et les carburants sont nettement moins onéreux. Par ailleurs, la combustion du gaz naturel est presque exempte de particules. Surtout, la technologie est dès à présent performante et disponible. Seul, le gaz naturel issu de gisements naturels nous permet déjà de réduire à hauteur de 25% les émissions de CO2 par rapport à un moteur essence traditionnel. Avec un ajout de 20% de biométhane, tel que cela est actuellement le cas en Suisse, les réductions de CO2 sont comprises entre 35 et 40%. Avec 100% de biométhane provenant de résidus végétaux ou avec du méthane synthétique obtenu à partir d'électricité verte, les modèles G-TEC de ŠKODA se déplacent même sans aucune empreinte écologique.

Les membres du comité directeur du groupe Volkswagen ont toutefois récemment annoncé vouloir se séparer des propulsions GNC et ne plus développer cette technologie. Comment ces deux décisions s'articulent-elles?

Philip Paul: L'offre actuelle en modèles GNC et ces déclarations quant au développement à long terme ne sont pas contradictoires. Dans l'industrie automobile, les horizons de planification sont très éloignés. D'un point de vue stratégique, on planifie sur des périodes pouvant couvrir une décennie. C'est pourquoi, dans les années à venir, les propulsions GNC feront toujours partie de l'offre. Chez ŠKODA, elles seront accompagnées des modèles G-TEC récemment présentés de la SCALA et du KAMIQ, ainsi que de la version au gaz naturel de la nouvelle OCTAVIA prochainement introduite sur les premiers marchés.

Cela fait-il une différence qu'un modèle G-TEC de ŠKODA fonctionne au gaz naturel, au biométhane ou au méthane synthétique?

Philip Paul: Pas en ce qui concerne le véhicule et le client, mais cela fait toute la différence pour l'environnement. Le biométhane et le méthane synthétique, également appelé e-gas, sont des sources d'énergie que l'on qualifie de «drop-in» et qui peuvent être mélangées en proportions quelconques au gaz naturel. Aucune adaptation technique n'est requise au niveau du moteur ou du véhicule. Le biométhane, entièrement produit à partir de résidus végétaux ou de déchets biologiques et d'électricité verte, est aujourd'hui déjà disponible et proposé dans les stations-services. Il permet de réaliser des réductions de CO2 considérables. Le méthane produit de manière synthétique à l'aide d'énergie solaire ou éolienne présente un potentiel similaire. À ce jour, le produit fini n'est toutefois ni rentable, ni disponible en quantités suffisantes.

Contrairement à l'essence ou au diesel, le GNC doit être stocké sous haute pression à bord du véhicule. Quid de la sécurité?

Philip Paul: Nos véhicules au gaz naturel sont aussi fiables que les modèles comparables dotés de moteurs à combustion conventionnels. Les réservoirs GNC montés sur les modèles G-TEC de ŠKODA sont construits, produits et certifiés conformément aux normes sectorielles les plus strictes. Ils disposent d'une soupape de sécurité qui fait en sorte, dans le cas improbable d'une défaillance technique, que le gaz puisse être évacué de manière maîtrisée. Le GNC n'est pas toxique et s'évapore rapidement puisqu'il est plus léger que l'air. En outre, tous les composants du réservoir GNC sont conçus pour résister à des conditions extrêmes. La pression à l'intérieur des réservoirs est d'environ 200 bars alors que ces derniers sont conçus et certifiés pour des pressions maximales de 600 bars, soit le triple de ce qui est le cas habituellement.

Pourquoi les moteurs G-TEC doivent-ils malgré tout recourir à de l'essence dans certaines conditions?

Philip Paul: En général, cela est très brièvement nécessaire en cas de démarrage à froid du moteur et immédiatement après avoir fait le plein. Lors du développement de ce type de propulsion, nous avons essentiellement veillé à ce que la conduite puisse se faire presque exclusivement à base de gaz naturel. Même avec une température extérieure de –10° C, un moteur chaud peut être démarré en mode GNC. Le mode start-stop lui non plus ne pose aucun problème. Il existe ce mythe selon lequel les températures basses posent problème au gaz naturel. Et pourtant, d'après les lois de la physique, il faudrait que les températures chutent en-deçà des –160° C pour que le gaz naturel se condense dans le réservoir. En d'autres termes, le gaz naturel permet de se déplacer aisément, à tout moment et partout même pendant la période hivernale.

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